Conjoint de chef d’entreprise : un soutien fondamental

Conjoint de chef d’entreprise : un soutien fondamental.

Entreprendre en accord avec son environnement proche demeure un facteur de réussite aussi indispensable qu’une solide idée de business ou que posséder le sens du commerce.


Le soutien du conjoint, ou à défaut sa neutralité, s’avère fondamental pour le dirigeant d’entreprise, alors que son organisation personnelle a été fortement impactée. A tel point que le franchiseur, généralement, le vérifie ! Voici nos recommandations pour assurer cette transition vers le monde de l’entrepreneuriat.

Prévert is not dead

Âmes sensibles, attention à cette liste à la Prévert ! Créer son entreprise, c’est :

  • Consacrer à minima 50 heures par semaine à cette activité (soit bien plus que pour un cadre supérieur…), sans se ménager de week-ends au démarrage,
  • Ne pas se rémunérer au départ (parfois durant une année) et donc avoir prévu d’autres sources de revenus,
  • Ne prendre au mieux que des vacances limitées durant des années, sans être vraiment en déconnexion totale,
  • Ne plus s’occuper de certaines tâches, et notamment celles liées aux enfants (devoirs, les emmener à l’école, sorties sportives…),
  • Accorder moins souvent des moments dédiés au plaisir avec sa famille,
  • Mettre entre parenthèses certaines passions, parfois partagées avec son partenaire.

Cette nouvelle organisation impose des sacrifices au niveau de la famille, qui se traduisent par une baisse sensible du train de vie (ce qui ne doit pas durer trop longtemps), une moindre présence physique (voire des absences le soir, le samedi…) ainsi qu’une disponibilité intellectuelle réduite du chef d’entreprise.

« Ah, je te l’avais bien dit que ça ne marcherait pas ! »

Les facteurs de réussite dans la création d’entreprise sont connus : une solide idée de business, un minimum de moyens financiers, le sens du commerce et, élément négligé et pourtant souvent déterminant, entreprendre en accord avec son environnement proche.

Si votre conjoint s’oppose à votre projet entrepreneurial, qui est toujours à la fois d’ordre économique et familial, il vous faudra le décaler (de quelques années), voire renoncer à devenir dirigeant. Ou choisir de ne plus vivre en harmonie avec votre famille…

Car, quand l’entreprise traverse des passages compliqués, le conjoint joue un rôle majeur : en encourageant s’il adhère au projet, en affichant sa neutralité, à défaut de soutien, ou en l’enfonçant au moindre problème rencontré, s’il avait jugé son initiative incompatible avec l’avenir commun.

Communication et nouvelle organisation personnelle à construire

En raison de l’impact puissant sur la vie privée d’un couple (ne serait-ce que par l’amplitude horaire de travail), le futur franchisé doit appréhender à deux ce bouleversement… comparable à l’arrivée d’un bébé.

Si le candidat à la franchise prend seul la décision finale de se lancer (ou non) dans l’entrepreneuriat, il doit consulter son conjoint, sans lui demander l’autorisation, déjà pour asseoir un sentiment de confiance inhérent à ce type de projet. Et alors exprimer à sa famille le sens de cette aventure, l’objectif qui le motive : vivre plus confortablement à terme, transmettre un patrimoine à ses enfants, capitaliser pour réaliser un tour du monde, etc. Et en profiter pour résoudre certaines problématiques : qui ira chercher les enfants à l’école, par exemple ?

Ce changement de vie implique une communication auprès des siens (en tenant compte de leur vision réduite de l’entreprise) et une organisation particulière (tâches ménagères, enfants), ainsi que d’apprendre plus vite de ses erreurs.

Une fois le lancement effectué, on peut impliquer son entourage sans le saturer : informations sur les évolutions de l’entreprise, sollicitation d’un avis sur une initiative, etc. En revanche, parler de son entreprise sans arrêt n’est pas recommandé ! Aujourd’hui, tout franchiseur vérifie que le conjoint du candidat à la franchise, qu’il soit impliqué ou non dans l’affaire, n’est pas opposé au projet entrepreneurial.

Votre moitié peut également vous accompagner dans l’aventure entrepreneuriale. Il existe alors trois statuts, avec des incidences différentes notamment sur les régimes social, juridique et fiscal : conjoint collaborateur, conjoint salarié et conjoint associé.

3 statuts avec des incidences différentes 

Le conjoint collaborateur peut se charger de nombreuses formalités administratives pour le compte du chef d’entreprise (passer des commandes, signer des factures, des devis, etc.). Ce statut est souvent choisi pour bénéficier des avantages sociaux liés à la maternité et la paternité par les couples qui veulent avoir des enfants. Il possède pour inconvénient l’absence de salaire, d’assurance chômage et de pouvoir de décision pour le conjoint dans la vie de l’entreprise.

Le statut de conjoint salarié offre les mêmes avantages que pour tout collaborateur, directs ou indirects, comme par exemple la déduction des cotisations sociales des bénéfices de l’entreprise. En revanche, le coût du salaire peut grever le budget de l’entreprise, ce qui fait que ce statut est donc souvent déconseillé pour les jeunes entreprises.

Enfin, le statut de conjoint associé permet d’anticiper la future transmission de l’entreprise au sein du couple ou vis-à-vis des descendants des associés. La situation varie largement si le conjoint est gérant minoritaire, égalitaire, majoritaire, salarié ou non. D’où des risques de blocages au sein de l’entreprise et de litiges en cas de séparation du couple.

Pour travailler ensemble, le couple doit posséder une vision et un objectif communs, dans le but de développer l’entreprise, ainsi qu’une grande ouverture d’esprit, de la complémentarité, du respect mutuel voire de la complicité… Et bien sûr, de la patience !

Soutien dans l’ombre ou la lumière, dans bien des TPE

Une fois l’entreprise lancée, il faut toujours se garder l’option de faire marche arrière, c’est-à-dire au besoin d’arrêter l’entreprise (à un, ou deux) pour préserver le bien-être personnel de la famille.

Que l’on travaille en couple ou pas, il reste impératif que ni l’un ni l’autre n’aient la sensation de subir la situation, sous peine de crise majeure au sein du couple. Il faut ainsi pouvoir se parler de situations difficiles… Pour fluidifier une relation et la faire durer, l’essentiel du chemin est réalisé lorsqu’on a compris ce que ressent l’autre.

Une chose demeure certaine : dans bien des TPE qui marchent et se développent, il existe un(e) conjoint(e) qui soutient le (la) franchisé(e), dans l’ombre ou la lumière, et qui s’est avèré une aide précieuse pour franchir les caps difficiles. 

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