La Banque du Canada a relevé le 28 octobre son taux directeur de 2,25 % à 2,5 %, une première hausse en trois ans. Pour un franchisé québécois qui finance son commerce à taux variable, un quart de point représente environ 1 250 dollars d’intérêts de plus par année sur un prêt de 500 000 dollars, et d’autres hausses sont attendues.
La Banque du Canada, la banque centrale du pays, a fait passer mercredi le taux cible du financement à un jour à 2,5 %, selon son communiqué du 28 octobre. Le taux officiel d’escompte s’établit à 2,75 %. La banque centrale justifie sa décision par la persistance des prix élevés de l’énergie, qu’elle veut empêcher de se propager aux autres biens et services.
La décision met fin à une longue série de baisses puis de maintiens. Le prochain rendez-vous est fixé au 9 décembre 2026.
Un quart de point de plus sur le taux préférentiel des prêteurs
La hausse du taux directeur se répercute sur le taux préférentiel des institutions financières, qui doit lui aussi monter de 25 points de base, selon La Presse. Les financements à taux fixe déjà signés ne bougent pas.
Ce sont donc les marges de crédit et les prêts commerciaux à taux variable qui encaissent le choc. Pour un franchisé québécois qui a financé de cette façon une partie de son investissement de départ, ses équipements ou ses rénovations, le calcul est simple : chaque tranche de 100 000 dollars empruntés coûte environ 250 dollars d’intérêts de plus par année.
Nouveau taux cible du financement à un jour de la Banque du Canada, contre 2,25 % auparavant (Banque du Canada, 28 octobre 2026).

Trois autres hausses attendues par plusieurs économistes
La banque centrale ne ferme pas la porte. Elle juge qu’il « pourrait être nécessaire » d’aller plus loin, tout en disant vouloir procéder avec prudence. Chez iA Groupe financier comme à la Banque Royale, les économistes prévoient trois autres hausses de 25 points de base, ce qui porterait le taux directeur à 3,5 %, rapporte La Presse.
Le consensus n’est pas total. L’économiste en chef d’iA Groupe financier, Sébastien Mc Mahon, estime que la banque centrale aurait pu attendre le début de 2027, vu la faiblesse de l’économie et l’effet encore incertain des droits de douane américains.
« Si j’avais été à la table, j’aurais voté contre la hausse de taux », a-t-il confié à La Presse.
Des coûts qui remontent aussi du côté des fournisseurs
Le crédit n’est pas le seul poste sous pression. La Banque du Canada prévoit une inflation d’environ 3,5 % d’ici la fin de l’année, puis de 3 % en moyenne en 2027, avant un retour à 2 % au milieu de 2028.
Ses enquêtes indiquent que les entreprises, qui ont jusqu’ici absorbé une bonne partie de la hausse de leurs coûts, comptent en transmettre davantage à leur clientèle dans la prochaine année. Carburant, transport et intrants industriels sont cités. Pour un franchisé de la restauration ou un franchisé du commerce de détail, cela annonce des hausses de prix chez les fournisseurs, que le franchiseur négocie souvent pour l’ensemble du réseau.
Le conseil de la rédaction
Avant de signer un financement de démarrage, demander à son institution financière une simulation à 3,5 % de taux directeur plutôt qu’au taux du jour. Le plan d’affaires doit tenir dans ce scénario, pas seulement dans le meilleur cas.
Rendez-vous le 9 décembre pour la prochaine décision
La Banque du Canada table sur une croissance de 1 % en 2026, puis de 2 % en 2027 et en 2028. Elle attend un ralentissement au quatrième trimestre, lié aux nouveaux droits de douane américains, avant une reprise portée par l’investissement des entreprises.
Pour les candidats à la franchise qui bouclent leur montage financier cet automne, deux dates comptent : l’annonce du 9 décembre, puis le prochain Rapport sur la politique monétaire, le 27 janvier 2027. Entre les deux, le choix entre taux fixe et taux variable redevient une décision stratégique.











