L’américaine Odeko, qui dit avoir levé plus de 280 millions de dollars en capitaux propres, rachète le distributeur alimentaire montréalais Nantel McDiarmid et ses plus de 3 500 clients commerciaux au Canada. Pour les cafés et restaurants du Québec, la transaction rebat une partie des cartes de l’approvisionnement, au moment où leurs marges reculent.
L’annonce est tombée le 27 octobre, depuis New York. Odeko, qui fournit une plateforme technologique et opérationnelle à plus de 30 000 cafés et commerces indépendants aux États-Unis, signe ainsi sa première acquisition hors de son marché. Le communiqué ne mentionne aucun montant. La direction canadienne de Nantel McDiarmid reste en poste.
Un distributeur montréalais de 3 500 clients, né dans le laitier en 1960
L’histoire de l’entreprise remonte à 1960, avec une affaire familiale de distribution laitière. Sa forme actuelle date de 2019, année de la fusion de Nantel Distribution et de P. McDiarmid et fils.
Établie rue Bourg, dans l’arrondissement de Saint-Laurent, à Montréal, elle sert plus de 3 500 clients commerciaux au pays : détaillants, cafés, restaurants et autres services alimentaires. Son offre couvre la distribution, l’importation, le courtage, le marchandisage, l’entreposage et le transport, avec une certification de salubrité SQF.
Une relation commerciale nouée en 2019, une direction qui reste en place
Les deux entreprises se connaissent. En 2019, Nantel McDiarmid travaillait déjà avec un distributeur américain de produits spécialisés, racheté depuis par Odeko. Le rapprochement prolonge cette collaboration.
Pour les clients canadiens, le changement visible passera par la plateforme d’Odeko, qui sert à passer les commandes et à suivre les habitudes d’achat. L’équipe locale reste l’interlocutrice. « Notre équipe de direction canadienne demeurera en place, assurant ainsi une continuité pour nos équipiers, nos clients et nos partenaires », précise Justin Letham, président de Nantel McDiarmid.
Les cafés indépendants en première ligne, les franchisés moins exposés
Odeko exploite des entrepôts dans 18 marchés américains et cible avant tout les commerces indépendants. Son fondateur ne cache pas l’ambition du nouvel ensemble.
Pour un restaurant franchisé, l’effet devrait être plus indirect. Dans les grands réseaux, l’approvisionnement passe souvent par les ententes du franchiseur : chez Bâton Rouge, par exemple, MTY indique que son service des achats négocie les contrats pour ses franchisés. Ce sont donc d’abord les cafés et restaurants hors bannière qui verront arriver les nouveaux outils.
Deux restaurateurs sur trois voient leur rentabilité baisser
La transaction tombe le jour même où Restaurants Canada, association sectorielle de la restauration, publiait son rapport du troisième trimestre. Selon elle, 67 % des restaurateurs constatent une rentabilité en baisse depuis un an, et 44 % se disent pessimistes pour 2027. Le coût des aliments figure parmi les principales pressions citées.
Part des restaurateurs canadiens qui font état d’une rentabilité en baisse par rapport à l’an dernier (Restaurants Canada, rapport du 3e trimestre, octobre 2026).

Dans ce contexte, les prix et l’assortiment proposés par le nouvel ensemble seront scrutés par les cafés montréalais et québécois. Il faudra aussi voir si Odeko utilise Nantel McDiarmid comme tête de pont pour d’autres acquisitions au Canada.











