icon / 24x24 / ic24-trending-up

les plus recherchées du moment

Metro vend l’usine Première Moisson à FGF pour 90 millions : le réseau de boulangeries reste intact

3 Min. de lecture
façade de la boulangerie première moisson en terrasse
Image issue de Google Maps.

Le géant québécois Metro vend l’usine de boulangerie de sa filiale Première Moisson au fabricant torontois Les marques FGF pour 90 millions de dollars. Une transaction qui rebrasse la chaîne d’approvisionnement d’une marque bien-aimée des Québécois, sans toucher au réseau de 25 boulangeries-cafés que fréquentent les clients.


Avec des revenus annuels de plus de 22 milliards de dollars et près de 97 000 employés, Metro (TSX : MRU) exploite ou approvisionne quelque 1 000 magasins d’alimentation au Québec et en Ontario, dont ses enseignes Super C, Adonis et Première Moisson. Fondée en 1992, Première Moisson s’est bâti une réputation solide sur la fraîcheur et le savoir-faire artisanal. L’entente annoncée le 16 juillet vient séparer, pour la première fois, la marque et son appareil industriel.

Les marques FGF met la main sur l’usine de production de Groupe Première Moisson située à Baie-D’Urfé, dans l’Ouest-de-l’Île de Montréal, ainsi que sur certaines lignes de production de Vaudreuil-Dorion. La contrepartie totale atteint 90 millions de dollars. À la clôture, FGF prendra en charge la fabrication et la distribution des produits Première Moisson vendus en épicerie, en plus de desservir la clientèle institutionnelle du groupe.

Pour Metro, l’objectif est clair : recentrer ses ressources sur ses activités de détaillant et de distributeur, tout en confiant la production à un partenaire spécialisé.

Entreprise familiale et privée fondée à Toronto en 2004, Les marques FGF se présente comme le plus grand fabricant industriel de produits de boulangerie au pays. Le groupe exploite plus de 30 installations en Amérique du Nord, dont deux au Québec, et détient des marques bien connues sur les tablettes d’épicerie : Stonefire, ACE, Wonder, Country Harvest, D’Italiano et Gadoua.

Ses fondateurs comptent mettre cette envergure au service de la marque québécoise. « Ce partenariat nous permet de mettre à profit nos capacités manufacturières et d’innovation afin de soutenir la croissance de l’offre Première Moisson en épicerie », ont indiqué Ojus Ajmera et Tejus Ajmera, co-chefs de la direction et fondateurs de FGF.

Voilà le point qui intéresse le plus le secteur de la boulangerie en franchise. Groupe Première Moisson reste une filiale de Metro et garde la propriété de la marque, de son réseau de 25 boulangeries au Québec, de sa production artisanale en succursale et de ses installations de pâtisserie française de Vaudreuil-Dorion, qui approvisionnent uniquement ce réseau. La vente ne vise donc que le volet manufacturier destiné à l’épicerie et aux clients institutionnels.

Du côté des employés touchés, tous seront transférés à FGF au moment de la clôture. Metro précise que les deux entreprises collaboreront avec le syndicat pendant la transition. Le vice-président et directeur général de Groupe Première Moisson, Éric Côté, a voulu rassurer les partenaires d’affaires dans un courriel envoyé le 16 juillet, en promettant « une transition harmonieuse, respectueuse et transparente ».

Cette entente illustre une tendance qui dépasse le seul cas de Première Moisson : la scission entre la marque et le réseau de vente, d’un côté, et l’appareil industriel qui les approvisionne, de l’autre. En cédant l’usine à un spécialiste, Metro parie sur un développement plus rapide de nouveaux produits en épicerie sans modifier l’expérience en boulangerie-café.

La transaction doit encore franchir les conditions de clôture habituelles. Elle devrait se conclure au quatrième trimestre de l’exercice de Metro, qui se termine le 26 septembre 2026. D’ici là, les partenaires du réseau et les candidats intéressés par la bannière ont l’assurance que les points de vente québécois poursuivent leurs activités sans interruption.

Vous aimerez aussi !