Sur la Côte-Nord, Simon Bérubé a repris de son père les quatre restaurants McDonald’s de Baie-Comeau et de Forestville, dans un réseau qui exige d’un nouveau franchisé au moins 1 000 000 $ de fonds non empruntés. Cette relève familiale, préparée pendant cinq ans, illustre une voie d’accès à la franchise appelée à se développer avec le vieillissement des propriétaires d’entreprise au Québec.
Le passage de témoin a eu lieu en septembre, a rapporté l’hebdomadaire régional Le Haute Côte-Nord le 2 novembre. Jacques Bérubé a cédé la gestion de ses restaurants à son fils Simon, qui travaillait avec lui depuis cinq ans. L’entreprise familiale exploite des restaurants à Baie-Comeau, dans la MRC de Manicouagan, et à Forestville, dans la MRC de La Haute-Côte-Nord. Le nouveau franchisé de la chaîne de restauration rapide assure que la reprise ne changera rien au fonctionnement des restaurants.
Quatre restaurants franchisés transmis après cinq ans de préparation
La transition n’a rien d’improvisé. Simon Bérubé explique qu’il était déjà engagé presque à temps plein dans les opérations et que la passation avait été préparée en amont avec son père.
Son parcours n’est pas celui d’un restaurateur de carrière. Avant de rejoindre l’affaire familiale, il travaillait dans la vente d’automobiles et la gestion d’un garage. Il en retient le sens du service à la clientèle, la gestion des opérations et le développement des affaires, des compétences qu’il a ensuite appliquées pendant cinq ans aux côtés de sa famille, dans les restaurants nord-côtiers.
Plus de 1 450 restaurants au Canada, en majorité franchisés
McDonald’s du Canada compte plus de 1 450 restaurants au pays, selon un communiqué de juillet 2025. L’entreprise y précise que la majorité sont exploités par des franchisés indépendants, responsables de tout ce qui concerne le personnel de leurs restaurants. À l’échelle mondiale, environ 95 % des restaurants de la marque appartiennent à des propriétaires locaux indépendants.
Le ticket d’entrée est élevé. La page de recrutement canadienne exige d’investir au moins 1 000 000 $ de fonds non empruntés, d’accepter de déménager pour saisir une occasion et de suivre une formation avant tout investissement. Dans ce contexte, la reprise d’un restaurant existant par un membre de la famille, déjà formé et connu du réseau, reste une voie d’entrée solide.
Plus de 50 000 transferts d’entreprise attendus au Québec en cinq ans
Le cas des Bérubé s’inscrit dans une tendance de fond. Selon l’Observatoire du repreneuriat et du transfert d’entreprise du Québec, cité par le Plan PME 2025-2028 du gouvernement, plus de 50 000 transferts d’entreprise pourraient avoir lieu au Québec au cours des cinq prochaines années, soit de 10 000 à 13 000 par an. Environ un tiers des propriétaires d’entreprise ont 55 ans ou plus.
Bon à savoir
En franchise, une relève familiale ne se règle pas seulement entre parent et enfant. Le contrat prévoit en général l’approbation du franchiseur pour toute cession, et la personne qui reprend doit satisfaire aux critères de sélection du réseau.
L’engagement local au cœur de la reprise en région
Le nouveau franchisé veut poursuivre la culture d’engagement instaurée par son père, qu’il souhaite reproduire auprès de la clientèle et des organismes de la région. Cela passe par le soutien d’initiatives comme le Grand McDon, mais aussi par la création d’emplois dans la région.
Reste à voir si cette reprise ouvrira la voie à de nouveaux projets dans la région, un point que le nouveau franchisé n’a pas abordé. Pour les familles de franchisés québécois qui approchent de la retraite, cette passation préparée sur cinq ans constitue en tout cas un modèle à étudier.











