L’ancienne bannière de mode montréalaise JACOB, qui a compté plus de 250 magasins, repart sans boutique : sa propriétaire, Cristelle Basmaji, lance des brumes corporelles à 30 $ et un foulard en soie à 50 $ sur jacob.ca. La relance, à un an du 50e anniversaire de la marque, vise d’abord les accessoires et la vente en gros.
Fondée à Sorel, en Montérégie, par la famille Basmaji, JACOB est devenue entièrement féminine en 1977. Elle a atteint son sommet avec plus de 250 magasins et plus de 4 000 employés, sous les bannières JACOB, JACOB Junior et JACOB Lingerie. Le réseau national a fermé en 2014. Le magazine Retail Insider raconte, dans un article publié le 21 octobre 2026, la relance menée par Cristelle Basmaji, fille des fondateurs, aujourd’hui propriétaire de la marque.
Un réseau de 92 magasins liquidé en 2014
La chute s’est jouée en quatre ans. En novembre 2010, JACOB entre sous la protection de ses créanciers. En mai 2014, l’entreprise annonce la liquidation des stocks de ses 92 magasins restants. Le magazine cite la concurrence internationale de chaînes comme Zara et H&M, la hausse des loyers dans les centres commerciaux et des baux de longue durée, parfois de dix ans. Les parents de Cristelle Basmaji approchaient aussi de la retraite.
La marque a survécu sous des formes plus modestes. En 2018, des vêtements JACOB se vendaient chez Costco, selon l’article.
Des brumes à 30 $ et un foulard à 50 $ pour relancer la marque
Les premiers produits sont arrivés le 19 octobre : deux brumes corporelles de 100 mL, Joie de Vivre et Classique, vendues 30 $ chacune. Le nom JACOB Junior revient à cette occasion. La fille de Cristelle Basmaji, âgée de 12 ans, a choisi les parfums, les couleurs et les typographies. Un foulard en soie à pois noirs et blancs, à 50 $, complète l’offre. Il rappelle un motif emblématique de la marque, et 10 $ par foulard iront à la Fondation des maladies du cœur et de l’AVC.
Les parfums restent le cœur de l’activité. La marque en compte trois, et des échantillons de 2 mL en coffrets de découverte sont prévus au début de 2027. Les huiles viennent de Grasse, en France, tandis que le mélange et la mise en flacon se font chez un fournisseur des Cantons-de-l’Est, en Estrie.
Vente en gros et pop-up avant un éventuel retour en magasin
Aucune boutique n’est au programme. Cristelle Basmaji dit ne pas être certaine d’être prête à rouvrir des magasins. Elle explore plutôt la vente en gros, les pop-up et des collaborations avec des détaillants établis. Elle évoque des placements de parfums chez des marchands de beauté et en pharmacie, et cite Sephora, Shoppers Drug Mart (Pharmaprix au Québec) et Jean Coutu. Aucune entente n’a été annoncée avec ces entreprises.
Les vêtements ne sont pas exclus, mais aucune collection ni aucun calendrier ne sont annoncés. Les accessoires passent en premier, et la propriétaire voit un potentiel du côté des vêtements pour préadolescentes. La marque visait historiquement au moins 25 % de vêtements fabriqués au Canada.
Le cinquantenaire de 2027 comme prochaine échéance
La marque fête ses 50 ans en 2027 et commence les célébrations dès maintenant. D’ici là, plusieurs points sont à suivre : le lancement des échantillons de parfum au début de 2027, la consultation prévue auprès de la clientèle sur les produits à faire revenir, et la signature éventuelle d’ententes avec des détaillants ou des pharmacies.
Le cas rappelle un enseignement du secteur : un réseau qui a compté plus de 250 magasins peut renaître sans en avoir un seul. L’article ne précise toutefois pas le montage, corporatif ou autre, de l’ancien réseau, et la relance actuelle passe par la vente en ligne plutôt que par des points de vente.











