Après la faillite de la chaîne anversoise Boker Tov en janvier 2026, ses exploitants repartent sous le nom Es Balagan, un petit restaurant familial de la Doornelei, à Anvers. Le concept ne vise plus un réseau de plusieurs adresses. Il tient désormais en une seule table, avec une carte méditerranéenne et levantine.
Le nouveau départ de l’ex-chaîne de restauration est raconté lundi par le média d’actualité économique anversois Made in Antwerpen. Tom Sas, 45 ans, tient la maison avec une petite équipe, accompagné de Lori. La société derrière Boker Tov avait été déclarée en faillite le 15 janvier 2026. Les adresses de l’Eilandje et du Zuid, à Anvers, avaient fermé auparavant, après un premier exercice déficitaire en 2024 puis une procédure de réorganisation judiciaire (PRJ).
Une chaîne mise à terre par une vague de haine en ligne
Boker Tov proposait une cuisine inspirée d’Israël. Après la reprise du conflit israélo-palestinien en octobre 2023, l’enseigne a été submergée de messages haineux, de faux avis et d’appels menaçants, raconte Made in Antwerpen. L’adresse de Gand a été la plus touchée, et c’est elle qui a entraîné dans sa chute les trois restaurants anversois. L’exercice 2024 a été le premier de l’histoire de Boker Tov à se terminer dans le rouge. Une PRJ a suivi pour obtenir une protection contre les créanciers. En septembre 2025, le Premier ministre Bart De Wever (N-VA) avait encore posté une visite à la chaîne sur les réseaux sociaux, sans que cela suffise à inverser la tendance.
Es Balagan, un petit restaurant de la Doornelei à Anvers
Le nom évoque un chaos convivial, selon Tom Sas, qui rappelle qu’un assortiment de mezzés baptisé Balagan comptait parmi les produits les plus vendus de Boker Tov. La carte reste méditerranéenne et levantine. On y trouve notamment un falafel au crabe et une « pita pulpo », un petit pain au levain garni de pommes de terre écrasées, de concombre, de houmous et de poulpe.
Un redémarrage pas à pas, sans le décor de la chaîne
Les exploitants n’ont jamais vraiment arrêté, assure Tom Sas. Ils ont relancé le service traiteur, repris les commandes en ligne, puis reconstruit petit à petit la dernière adresse restante, sur la Doornelei. Un événement de lancement a eu lieu à Ibiza en juin, et l’équipe était présente cet été dans des festivals comme Tomorrowland.
du restaurant est prêt, selon Tom Sas, et la carte est sur le point d’être calée avant l’accueil des premiers clients. Aucune date d’ouverture n’a été communiquée.

Un modèle réduit à l’échelle d’un restaurant familial
Le projet ne vise plus un réseau. Tom Sas parle d’un petit restaurant familial, loin de la chaîne d’hier, et d’un nouveau chapitre de l’histoire d’amour culinaire entamée il y a six ans. Pour l’horeca flamand, ce retour en petit format rappelle qu’une faillite ne signe pas toujours la fin d’une marque : la cuisine d’origine reste d’ailleurs référencée en ligne sous le nom Boker Tov. Dans la restauration, un concept se joue aussi sur sa réputation numérique : avis, réseaux sociaux, plateformes. L’épisode Boker Tov montre à quelle vitesse une vague de faux avis peut fragiliser une adresse, au point d’en entraîner d’autres dans sa chute. Reste à voir si Es Balagan trouvera sa clientèle une fois les portes ouvertes.











