La fondatrice de Liquidation Marie, Marie-Ève Breton, a répondu par communiqué aux critiques qui accusent sa bannière d’épiceries à rabais de détourner des denrées destinées aux banques alimentaires. Sa sortie survient le jour où le réseau québécois des banques alimentaires annonce 3,27 millions de demandes d’aide par mois, alors que l’entreprise vise une cinquantaine de magasins au Québec.
Le texte a été diffusé mercredi après-midi, le 21 octobre, et rapporté le lendemain par Narcity Québec. Marie-Ève Breton y aborde trois reproches : la provenance des aliments, leur qualité et les tablettes qui se vident trop vite. Ce n’est pas la première fois qu’elle défend son modèle. En juillet, sur le plateau de Y’a du monde à messe, elle rejetait déjà l’idée de bâtir son succès sur la précarité de sa clientèle.
Une réponse publiée le jour du Bilan-Faim 2026
Le calendrier n’a rien d’un hasard. Le 21 octobre, Banques alimentaires du Québec (BAQ), réseau qui regroupe 34 membres régionaux, a publié son Bilan-Faim 2026. Les organismes répondent désormais à 3,27 millions de demandes d’aide chaque mois, soit une hausse de 4,8 % en un an et de 44 % en cinq ans.
Le bilan note aussi que la part des ménages aidés dont la principale source de revenus est un emploi est passée de 20,6 % à 23,4 % en un an. Dans la foulée, le nom de Liquidation Marie est revenu dans plusieurs articles et entrevues, ce qui a poussé sa propriétaire à prendre la parole.
Des lots refusés par les banques alimentaires, pas leurs dons
Sur le cœur de la critique, la fondatrice est catégorique. « Ce n’est pas notre démarche », écrit-elle à propos de l’idée que l’entreprise se servirait dans les denrées promises aux organismes.
Elle reconnaît toutefois que Liquidation Marie achète parfois des lots de fruits et légumes proposés d’abord aux banques alimentaires, puis refusés par celles-ci selon leurs propres critères. Certains de ces produits présentent des défauts d’apparence, ce qui fait partie de l’approche antigaspillage de la bannière. Elle admet que les commentaires sur la qualité méritent d’être pris au sérieux. Son argument central : une épicerie moins chère permettrait à des familles de se nourrir avec leur propre budget, sans recourir à l’aide alimentaire.
Plus de 650 employés et des ruptures de stock assumées
La propriétaire ne nie pas les tablettes vides. La demande dépasse souvent ce que les magasins peuvent offrir, et l’entreprise dit négocier chaque jour avec de nouvelles sources d’approvisionnement.
Le modèle repose sur les surplus d’inventaire, les produits déclassés, les emballages abîmés et les aliments dont la date « meilleur avant » approche ou est dépassée. Cette matière première, par nature irrégulière, explique les ruptures. Marie-Ève Breton assume aussi la rentabilité de son entreprise privée : « Je l’assume avec transparence », écrit-elle, en rappelant qu’elle fait vivre plus de 650 membres du personnel.
Une cinquantaine de magasins visés au Québec d’ici trois ans
Les critiques ne freinent pas l’expansion. La bannière a ouvert à Victoriaville en septembre, puis à Sainte-Julie le 15 octobre, en Montérégie. À Saint-Jérôme, dans les Laurentides, le magasin déménagera en novembre au 1115, rue Jean-Baptiste-Rolland, dans un local de 15 000 pi² qui deviendra le plus grand du réseau.
La Mauricie suivra avec une première adresse à Trois-Rivières, rue des Vitrines. L’objectif reste d’atteindre une cinquantaine de succursales d’ici trois ans. Pour la bannière, la question devient celle de l’approvisionnement : un réseau de cette taille aura besoin de volumes de surplus que le marché québécois n’offre pas toujours. La qualité perçue, au cœur de la polémique, pèsera aussi sur la fidélité de la clientèle.











