Le Groupe Grandio va ouvrir une deuxième brasserie sportive La Cage à deux pas du Centre Bell, au centre-ville de Montréal, dans un local de 11 000 pi² loué pour dix ans à la gare Windsor. Ce pari sur un même quadrilatère éclaire la stratégie d’un des principaux groupes de restauration du Québec, qui double son offre là où l’achalandage est le plus fort.
L’information a été révélée le 14 octobre 2026 par Le Journal de Montréal, puis confirmée par une porte-parole de l’entreprise. Le Groupe Grandio, nom adopté en 2022 par l’ancien Groupe Sportscene, a conclu un bail de dix ans avec Laurier Capital et Groupe Society, les nouveaux copropriétaires de l’édifice historique. L’ouverture est visée pour le printemps 2027, juste avant les séries éliminatoires de la Ligue nationale de hockey.
Un local de 11 000 pi² vacant depuis la fermeture du St-Hubert en 2019
La nouvelle La Cage occupera l’extrémité ouest de la gare Windsor, à l’angle de l’avenue des Canadiens-de-Montréal et de la rue Stanley, dans l’arrondissement de Ville-Marie. L’espace a longtemps abrité le restaurant phare de la Rôtisserie St-Hubert, pendant une vingtaine d’années.
Le local était inoccupé depuis octobre 2019. C’est la vente de l’immeuble par Cadillac Fairview qui a débloqué le dossier, selon l’entreprise. Grandio n’a pas chiffré l’investissement prévu, et l’article ne précise pas si ce restaurant sera exploité en franchise, comme plusieurs établissements déjà existants de la marque, ou en mode corporatif.
Deux brasseries La Cage à quelques mètres l’une de l’autre
Le choix surprend : la bannière exploite déjà une brasserie de 10 000 pi², sur deux niveaux, dans l’enceinte même du Centre Bell. Son bail court au moins jusqu’en 2031.
Grandio écarte toute fermeture de cet établissement. Le groupe dit ne pas craindre que la clientèle manque pour deux adresses voisines, les soirs de match comme les soirs de spectacle. Pour un exploitant de restauration, le raisonnement est clair : dans un pôle aussi achalandé, une seconde salle capte la demande que la première ne peut plus absorber, sans exposer la bannière à un nouveau marché.
Nombre d’établissements regroupés par le Groupe Grandio sous ses différentes bannières, selon Le Journal de Montréal (octobre 2026).

Un groupe québécois de 77 établissements qui vise aussi Londres et Gatineau
Fondé en 1984, le groupe réunit aujourd’hui 77 établissements sous plusieurs bannières : La Cage, Siboire, Brasseurs du Monde, Chez Lionel, Cochon Dingue, Moishes et Gibbys. Ses principaux actionnaires sont le Fondaction de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), la Société financière Bourgie et Champlain Capital.
L’expansion déborde du Québec. Une première brasserie La Cage a ouvert à Londres, au Royaume-Uni, début septembre 2026. Ce lancement aurait d’ailleurs retardé l’annonce montréalaise, d’abord prévue à l’automne. Le groupe discute aussi avec Loto-Québec d’un restaurant au Casino du Lac-Leamy, à Gatineau, en Outaouais.
Bon à savoir
Le Québec n’a aucune loi spécifique sur la franchise, contrairement à sept autres provinces canadiennes. Un candidat qui vise une bannière de restauration est protégé par l’obligation générale de bonne foi prévue à l’article 1375 du Code civil du Québec, pas par un document de divulgation imposé par la loi.
Ouverture visée au printemps 2027, investissement encore inconnu
Plusieurs éléments restent à préciser d’ici l’ouverture : le montant investi, le nombre d’emplois créés et le mode d’exploitation de cette deuxième adresse au centre-ville.
Le dossier montre surtout qu’un consolidateur québécois peut mener plusieurs fronts à la fois : densifier un emplacement vedette à Montréal, ouvrir à l’étranger et négocier avec une société d’État. Pour les observateurs du secteur, les prochains mois diront si ce modèle à deux salles voisines se reproduira autour d’autres amphithéâtres de la province.
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