Codifrance, la centrale d’approvisionnement française du groupe belge Colruyt, serait cédée à Carrefour pour 155 millions d’euros, affirme mardi la newsletter d’investigation La Lettre, relayée par RetailDetail. Aucune confirmation officielle n’est encore tombée. Pour Colruyt Group, installé à Halle en Brabant flamand, l’opération achèverait le recentrage sur le marché belge.
Codifrance approvisionne environ 3.000 commerces de proximité en France, dont des magasins sous les enseignes Coccinelle, Coccimarket, Panier Sympa, VivÉco et Épi Service. La centrale pèse 310 millions d’euros de chiffre d’affaires, compte 500 salariés et exploite deux sites logistiques, détaille le site spécialisé RetailDetail. L’offre de Carrefour dépasserait de 35 millions d’euros celle de Les Mousquetaires, propriétaire d’Intermarché, qui avait avancé 120 millions d’euros.
Une offre à 155 millions d’euros qui devance celle d’Intermarché
Selon La Lettre, la proposition de Carrefour a été présentée au conseil d’administration de Colruyt Group et serait en passe d’aboutir. Le magazine professionnel LSA note de son côté que Colruyt ne ferme pas la porte à une cession.
Carrefour y verrait un moyen de renforcer sa position dans la proximité. L’opération l’empêcherait aussi de voir ses propres franchisés s’approvisionner hors du groupe, via Codifrance, à des conditions parfois plus avantageuses. Le conditionnel reste de rigueur : ni Carrefour ni Colruyt n’ont confirmé. La Lettre, présentée comme une source généralement bien informée, reste pour l’instant l’unique origine de ces chiffres.
Colruyt Group tourne la page française et se concentre sur la Belgique
Colruyt avait déjà cédé la plupart de ses supermarchés français à Les Mousquetaires, rappelle Gondola. Codifrance serait sa dernière activité de distribution dans l’Hexagone. Le groupe concentrerait alors ses moyens sur son marché d’origine, où il est présent avec les enseignes Colruyt, Okay et Bio-Planet.
Il y fournit aussi le réseau Spar et Spar Compact via Retail Partners Colruyt Group, franchiseur de 215 points de vente selon la présentation du réseau destinée aux candidats.
prix que Carrefour aurait proposé pour Codifrance, contre 120 millions d’euros pour Les Mousquetaires (source : La Lettre, relayée par RetailDetail, 29 septembre 2026).

Le commerce alimentaire belge, terrain de la franchise et de l’affiliation
Les groupes qui se disputent Codifrance sont aussi présents en Belgique, avec des modèles différents. Carrefour Market et Carrefour Express y sont proposés en franchise aux candidats. Intermarché, membre effectif de la Fédération Belge de la Franchise (FBF), s’y développe également en franchise.
Delhaize a choisi une autre voie : ses supermarchés passent en magasins affiliés indépendants, un statut proche de la franchise mais que l’enseigne nomme autrement. Lire un rachat français à travers ce prisme aide à comprendre la bataille pour la proximité sous enseigne.
Le poids du secteur reste considérable. L’étude 2022 de la FBF et du cabinet GeoConsulting recense 9.460 points de vente franchisés en Belgique, pour 19,6 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Ces chiffres ne forment pas une série dans le temps, la méthode de comptage ayant changé entre deux éditions.
Une confirmation officielle encore attendue
Il reste à voir si Colruyt Group et Carrefour officialisent l’accord, et dans quel délai : aucun calendrier n’est publié. Le sort des 500 salariés et des deux sites logistiques sera le premier point de suivi.
Pour les commerçants de proximité qui s’approvisionnent auprès de Codifrance, tout dépendra des conditions d’achat que Carrefour voudra maintenir. Les prochaines communications des deux groupes devraient le préciser, tout comme la place que prendra Intermarché, candidat malheureux mais toujours très actif dans la proximité.











