Le supermarché Jumbo de Pelt, dans le Limbourg, ouvre désormais de 7h à 21h tous les jours de l’année, Noël compris. Repris par deux franchisés, le magasin relance en Belgique le débat sur l’ouverture dominicale des supermarchés tenus par des indépendants, une pratique que le syndicat ACV Puls juge contraire à la loi.
Le Jumbo rénové de Pelt, commune de la province de Limbourg, a rouvert jeudi avec des horaires parmi les plus larges du commerce alimentaire belge, rapporte jeudi le quotidien limbourgeois Het Belang van Limburg. Le magasin accueille ses clients de 7h à 21h, sept jours sur sept, soit 14 heures d’ouverture quotidienne, jours fériés compris. Il est exploité depuis peu par Ralf Jansen et René Puts, deux indépendants qui tiennent aussi les Jumbo de Bree et de Maasmechelen, ainsi qu’un magasin de l’enseigne juste de l’autre côté de la frontière néerlandaise. Pour Pelt, ils ont recruté 50 personnes : l’équipe compte désormais 125 collaborateurs.
Des horaires élargis à tous les magasins des deux franchisés
Pelt n’est pas un test isolé. À Bree, le magasin des deux exploitants ouvrait déjà de 7h à 20h, et jusqu’à 21h à Maasmechelen. Ces plages s’appliquent maintenant à l’ensemble de leurs points de vente, toute l’année.
Selon eux, la demande suit. Dès l’ouverture, des clients font la file pour acheter un sandwich avant le travail ou remplir le caddie de la semaine. Les soirées fonctionnent aussi. Seules les matinées du lundi et du mardi restent calmes. « Le client veut faire ses courses au moment qui lui convient. Aux Pays-Bas, cette tendance existe depuis plus longtemps », explique Ralf Jansen, exploitant du Jumbo de Pelt.
Des flexi-jobbers pour tenir le dimanche après-midi
Pour tenir ces horaires, les exploitants ont adapté l’organisation. Le personnel arrive dès 6h pour préparer le magasin et des caissières supplémentaires ont été engagées. L’équipe de 125 personnes mêle salariés fixes, jobistes et flexi-jobbers. Le dimanche, ce sont surtout ces derniers qui assurent le service, en raison des règles sur le repos dominical, précise l’exploitant.
Ralf Jansen juge le mouvement impossible à arrêter en Belgique. Certains concurrents ne suivent pas encore, faute de travailler avec des supermarchés en franchise, mais tous devront s’y mettre à terme, estime-t-il.
Bon à savoir
Depuis le 1er juillet 2026, le régime des flexi-jobs s’applique très largement au secteur privé, avec une possibilité de retrait par secteur. L’employeur verse une cotisation patronale spéciale de 28 % sur ces rémunérations.
Le syndicat ACV Puls conteste l’ouverture du dimanche après-midi
Côté syndical, le ton change. Johan Van Loon, de la centrale chrétienne ACV Puls, pendant néerlandophone de la CNE, rappelle que ce magasin faisait auparavant partie du réseau intégré de Jumbo. Son personnel était alors salarié de la chaîne, qui respectait strictement le repos dominical : les magasins n’ouvraient que le dimanche matin.
Selon le syndicaliste, travailler en magasin le dimanche après-midi reste en principe interdit, même avec des jobistes. Trois exceptions sont admises à ses yeux : l’indépendant qui tient lui-même son commerce, le magasin de proximité de moins de cinq travailleurs et le commerce situé dans un centre touristique, ce que Pelt n’est pas. Il observe aussi que de plus en plus de Jumbo passent discrètement à des exploitants indépendants. Ceux-ci relèvent d’une autre commission paritaire et, faute d’amendes de l’inspection sociale, s’embarrassent moins de ces règles. Les petits supermarchés indépendants, les boulangers et les bouchers qui pouvaient ouvrir le dimanche en paient le prix, avance-t-il.
Un avantage concurrentiel qui ne durera qu’un temps
Pour Els Breugelmans, experte en distribution à la KU Leuven, des horaires élargis donnent une longueur d’avance tant que les autres supermarchés ne suivent pas. Ensuite, tout le monde supporte des coûts plus élevés pour des marges plus faibles, et la pression sur le personnel augmente, jusqu’au soir de Noël.
Le magazine professionnel de la distribution Gondola a repris l’information vendredi en posant la question de la limite de cette course aux horaires. Deux points sont à suivre : la réaction de l’inspection sociale face à la contestation syndicale, et la vitesse à laquelle les autres franchisés Jumbo de Belgique aligneront leurs magasins sur le modèle de Pelt.
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