Le discounter français GiFi serait en cessation de paiements et s’apprête à demander la protection de la justice en France. Entré en 2016 au capital de l’enseigne belge Trafic, dont il détient 70 %, le groupe pèse sur l’avenir d’un réseau de plus de 90 magasins basé dans le Hainaut, qui reste une société distincte.
GiFi serait dans l’incapacité de faire face à ses dettes avec sa trésorerie disponible, a révélé dimanche le quotidien français Sud Ouest. L’enseigne de bazar et de décoration, fondée en 1981 par Philippe Ginestet à Villeneuve-sur-Lot, compte 513 magasins en France, selon Libération, et environ 6.000 salariés. Un comité extraordinaire des représentants du personnel est convoqué ce mardi 20 octobre.
Entré au capital de Trafic en 2016, GiFi en détient 70 %
Le lien entre les deux enseignes remonte à juillet 2016. GiFi entre alors au capital de Trafic, qui compte à l’époque un peu plus de 80 magasins et réalise environ 250 millions d’euros de chiffre d’affaires. Fin 2024, le groupe français détenait 70 % de l’enseigne belge, selon RetailDetail.
L’accord de 2016 reposait d’abord sur les achats : Trafic obtenait l’accès aux produits référencés par la centrale d’achats intégrée de GiFi. Pour un discounter régional, c’était un levier de prix qu’il ne pouvait pas actionner seul.
Trafic, une société belge distincte basée à Heppignies
La procédure attendue en France concerne la société française GiFi. Trafic est une entreprise distincte, dont le siège se trouve à Heppignies (Fleurus, province de Hainaut). La mise sous protection de sa maison mère n’entraîne donc pas, en soi, de procédure pour l’enseigne belge.
Fondée en 1983, Trafic a ouvert son premier magasin à Tournai en 1984. L’enseigne revendique aujourd’hui plus de 90 magasins en Belgique, en France et au Luxembourg. La marque n’opère pas en franchise, pas plus que Trafic en Belgique. La famille fondatrice reste présente : « une formidable histoire humaine », résume Thomas Marchandise, président du conseil d’administration de Trafic, sur le site de l’enseigne. Lundi matin, Trafic n’avait pas communiqué publiquement sur la situation de son actionnaire.
Nombre de magasins revendiqués par Trafic en Belgique, en France et au Luxembourg (site de l’enseigne, consulté le 19 octobre 2026).

Achats et actionnariat, les deux points à surveiller côté belge
Le premier enjeu porte sur l’approvisionnement. Si Trafic s’appuie toujours sur la centrale d’achats du groupe, les difficultés de trésorerie de GiFi pourraient compliquer certaines commandes, à l’approche de la saison de Noël. Ni GiFi ni Trafic n’ont précisé, à ce stade, comment les achats sont organisés aujourd’hui entre les deux enseignes.
Le second enjeu est capitalistique. Une procédure collective peut aboutir à un plan de continuation, à une cession ou à une liquidation. Dans les deux derniers cas, la participation de 70 % dans Trafic deviendrait un actif à valoriser. GiFi était déjà à vendre fin 2024 : la banque d’affaires Lazard avait été mandatée pour trouver un repreneur.
Bon à savoir
GiFi exploite aussi quelques magasins sous sa propre enseigne en Belgique. Leur rattachement juridique, à la société française ou à une structure belge, n’a pas été précisé.
Un deuxième sauvetage en moins de deux ans pour GiFi
Ce n’est pas la première alerte. En janvier 2025, GiFi avait évité la faillite grâce à un accord avec ses banques : 470 millions d’euros de dettes effacés et une caution de 270 millions d’euros apportée par la holding de son fondateur.
Depuis, la direction a changé plusieurs fois. Patrick Puy préside le directoire depuis le 12 octobre. Les prochains jours diront quelle procédure sera ouverte en France et sous quel délai. Pour Trafic, le signal décisif viendra de son actionnaire : maintien, cession de la participation ou rachat par la famille fondatrice. La réaction de la direction belge, encore attendue, en donnera la première indication.











