Carrefour Belgique fait le point sur son assistant de courses intégré à ChatGPT, accessible depuis septembre : plusieurs milliers de clients l’ont déjà essayé, indique le distributeur à RetailDetail. L’enseigne vise moins des millions d’utilisateurs immédiats qu’une meilleure compréhension des futures habitudes de recherche des consommateurs belges.
Annoncé le 25 août 2026 depuis Zaventem et développé avec la société Mealz.ai, l’assistant se présente encore comme un prototype. Carrefour Belgique affirme être le premier distributeur du pays à proposer ce service. Le point d’étape, publié lundi par le média spécialisé RetailDetail, complète les premiers chiffres livrés fin octobre : une base de testeurs qui se compte en milliers et quelques tendances de comportement déjà visibles.
Un plug-in relié à la Carrefour Bonus Card, avec Drive ou livraison
Le client active le plug-in dans ChatGPT, puis interpelle l’assistant en écrivant @Carrefour Belgique. L’outil aide à composer une liste, vérifie le stock du magasin choisi et prépare la commande. Il mémorise les préférences et les intolérances alimentaires, et il lie automatiquement l’achat à la Carrefour Bonus Card. Le panier se valide ensuite sur le site de l’enseigne.
Deux modes de réception sont prévus : le retrait en magasin via Carrefour Drive, ou la livraison à domicile sous 24 heures avec Carrefour Delivery, accessible dès 60 euros d’achat. Des frais de préparation ou de livraison s’appliquent selon la formule, avec des offres possibles à partir d’un certain montant.
Des clients très classiques, des recherches qui changent de forme
Quelques semaines après le lancement, Carrefour observe déjà des schémas d’usage. Les clients restent attachés à la liste de courses traditionnelle, y compris celle qu’ils prennent en photo. Mais la manière de chercher évolue : on ne tape plus des mots-clés, on formule des phrases entières, par exemple pour composer le panier d’un barbecue entre amis.
Le responsable met aussi en avant un gain de temps estimé à une heure pour qui délègue ses courses, et prévient les fournisseurs : ils devront soigner leur visibilité auprès des moteurs d’IA, une discipline que le secteur appelle GEO (Generative Engine Optimization).
42 % des Belges utilisent déjà l’IA, mais la prudence demeure
des Belges de 16 à 74 ans utilisaient des outils d’IA fin 2025, contre 32,7 % en moyenne européenne (Source : communiqué de Carrefour Belgique citant Het Nieuwsblad, décembre 2025).

Dans les rayons, tout le monde n’adhère pas. Interrogés par RTL Info, certains clients disent préférer gérer eux-mêmes leur liste ou garder le contact humain. Carrefour reste discret sur ses chiffres, qu’il qualifie d’encourageants.
Du côté des analystes, l’élan semble pourtant acquis : le cabinet de conseil McKinsey estime, d’après RTL Info, que les agents d’IA pourraient piloter jusqu’à 4.440 milliards d’euros de transactions commerciales dans le monde à l’horizon 2030.
Une démonstration en public le 19 novembre à Bruxelles
Le sujet sera au programme du pré-événement « AI in Retail » de la RetailDetail Night, le 19 novembre à Bruxelles. Matthieu Ullens et Jean-Philippe Blerot, de Carrefour Belgique, y présenteront une démonstration vidéo de l’expérience client et expliqueront comment l’IA dite agentique pourrait changer les courses et le marketing en ligne.
Les sources consultées ne précisent pas quel rôle joueront les magasins exploités par des indépendants dans ce dispositif, notamment pour le retrait au Drive. Cette question, centrale pour le réseau, reste à suivre au fil des nouvelles fonctionnalités annoncées par l’enseigne.











