Si nous devions mettre un visage sur le Canada, il serait multicolore, pluriethnique et cosmopolite. Cette ouverture aux autres cultures et à l’immigration est une richesse pour ce pays qui bénéficie de nouveaux entrepreneurs venus des quatre coins de la planète et qui jouent un rôle crucial dans l’économie du Canada.
Ils sont souvent silencieux, discrets, avec une volonté de s’intégrer et, malgré tout, leur contribution à l’échelle nationale et provinciale est très loin d’être négligeable à bien des égards.
Deux fois plus d’entrepreneurs immigrants au Canada depuis 1991 !
À l’échelle nationale, les immigrants entrepreneurs représentent environ 34% des propriétaires d’entreprises en 2023, contre environ 24% de la population canadienne issue de l’immigration, alors qu’ils ne représentaient que 16 % de la population en 1991.
Leur part devrait dépasser 40% d’ici 2034, accentuant grandement leur impact économique. Selon une étude de la banque BDC, ils sont aussi plus enclins à se lancer en affaires au Canada, notamment en franchise, que les personnes nées au pays (2,9% contre 2,0%).
L’immigrant entrepreneur se lance davantage en affaires
Les immigrants font preuve d’un taux élevé d’intention entrepreneuriale, plus fort que celui des natifs, et sont présents dans toutes les étapes de la chaîne entrepreneuriale. Ils représentent donc “une réserve puissante, mais souvent sous-utilisée”. Leur passage à l’action est souvent rapide, y compris en période difficile comme la pandémie.
En 2016, 11,9% des immigrants âgés de 25 à 69 ans étaient propriétaires d’une entreprise privée constituée en société ou travaillaient principalement à leur compte, contre 8,4% des personnes nées au Canada de parents natifs. Les entreprises détenues par des immigrants sont responsables de 25% des emplois nets créés tout en représentant 17% des entreprises, en grande partie parce qu’il s’agit d’entreprises plus jeunes avec des taux de croissance plus élevés.
Au Canada, les immigrants possédant des entreprises avec salariés constituent 32% de ce segment.
Au Québec, la proportion d’entrepreneurs immigrants est plus faible que dans des provinces telles que l’Ontario ou la Colombie-Britannique. Cette sous-représentation s’explique notamment par des facteurs d’attraction, des questions linguistiques ou des programmes spécifiques moins dynamiques qu’ailleurs. Malgré cela, le Québec pourrait voir cette proportion augmenter dans les dix prochaines années, car la part d’immigrants dans les cohortes jeunes et actives monte en flèche avec la province qui a un besoin crucial de repreneurs.
Quelles sont les secteurs phares ?
Les immigrants sont particulièrement présents dans l’industrie de la franchise car c’est un modèle bien adapté pour l’investisseur étranger qui ne connait pas le pays.
De façon plus détaillée, voici les secteurs dans lesquels les immigrants entreprennent et contribuent à la vitalité de plusieurs pans de l’économie :
Les technologies de l’information et de la communication (TIC)
Forte croissance dans le développement logiciel, l’intelligence artificielle, la cybersécurité et les services informatiques. Exemples : éditeurs de logiciels (40 % des propriétaires issus de l’immigration), services de conception informatique (49 %).
Le commerce de détail et l’e-commerce
Essor des commerces ethniques, épiceries spécialisées et plateformes de vente en ligne, favorisé par une forte demande multiculturelle et de faibles barrières à l’entrée.
La restauration et les services alimentaires
Les immigrants détiennent plus de la moitié des restaurants au Canada (53 %) et exploitent une grande diversité de cuisines qui dynamisent l’offre.
Le transport et l’entreposage
Forte présence dans le transport routier (56 % des entreprises détenues par des immigrants), incluant logistique et livraison.
La santé, les services de soins et d’assistance sociale
Création de cliniques, services à domicile, centres pour personnes âgées, notamment en réponse au vieillissement de la population.
La construction
Croissance du nombre d’entreprises détenues par des immigrants, souvent actives dans la rénovation résidentielle et la sous-traitance.
L’immobilier, la location et les services connexes
Les immigrants se tournent vers l’acquisition immobilière, gestion locative et services connexes, générant de la valeur et de la stabilité économique.
L’agroalimentaire (produits spécialisés, bio)
Un levier prometteur pour l’avenir économique du Canada et du Québec
Les entrepreneurs immigrants font face à des défis additionnels tels que l’accès au financement (23,3% ressentent une dégradation de l’accès au financement contre 16,2% des natifs), la reconnaissance des acquis ou l’intégration des réseaux d’affaires locaux.
Néanmoins, leur rôle sera d’autant plus central alors que de nombreux entrepreneurs natifs approchent de la retraite. L’accélération de l’entrepreneuriat immigrant est perçue comme un levier pour enrayer la baisse de la productivité et stimuler la croissance et l’innovation au Canada et au Québec.
En somme, les entrepreneurs immigrants sont aujourd’hui des acteurs majeurs du développement économique du Canada. Leur dynamisme contribue à compenser la diminution du taux d’entrepreneurs natifs par la création d’emplois, la diversification, et la capacité à stimuler l’innovation, même si leur plein potentiel demeure encore à exploiter compte tenu des obstacles rencontrés et du contexte évolutif de l’économie provinciale.
Notre résumé en 5 points clés par L’Express Connect IA
(Vérifié par notre rédaction)
Voici un résumé en cinq points clés de l’article sur le sujet : Immigration entrepreneuriale : la force silencieuse de l’économie canadienne
Un poids croissant dans l’entrepreneuriat canadien :
En 2023, les immigrants représentaient 34 % des propriétaires d’entreprises au Canada alors qu’ils ne constituaient que 24 % de la population. Ce taux était de 16 % en 1991. Leur part pourrait dépasser 40 % d’ici 2034, ce qui souligne une dynamique entrepreneuriale soutenue.
Une forte propension à créer des entreprises :
Les immigrants sont plus enclins à se lancer en affaires (2,9 % contre 2,0 % pour les natifs). Ils sont responsables de 25 % des créations nettes d’emplois, bien qu’ils ne détiennent que 17 % des entreprises. Ce dynamisme entrepreneurial se manifeste même dans les périodes difficiles.
Des secteurs stratégiques investis :
Les entrepreneurs immigrants sont très présents dans la franchise, la restauration (53 % des restaurants), les TIC (jusqu’à 49 % dans certains segments), le transport (56 %), le commerce de détail, la construction, la santé, l’immobilier et l’agroalimentaire. Ces secteurs bénéficient directement de leur énergie et de leur diversité.
Des défis structurels persistants :
Malgré leur rôle crucial, ces entrepreneurs rencontrent des obstacles spécifiques : accès au financement, reconnaissance des compétences et intégration dans les réseaux locaux. Ces freins limitent encore leur plein potentiel.
Un levier pour l’avenir économique du Canada et du Québec :
Alors que de nombreux entrepreneurs natifs approchent de la retraite, les immigrants apparaissent comme un vecteur de relève, d’innovation et de croissance. Le Québec, encore en retrait, pourrait bénéficier d’un renforcement des politiques de soutien ciblé pour combler ses besoins économiques.











